Description des illustrations de gauche à droite:
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  • La grève de l'amiante en 1949
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  • Dr Emily Howard Stowe, 2e femme à pratiquer la médecine au Canada
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  • La honte des grandes villes, Winnipeg en 1912
     
    Dans l'histoire de l'humanité, le concept des droits de la personne tel que nous le connaissons aujourd'hui apparaît assez tardivement. Dans toutes les sociétés hiérarchisées, les droits et libertés accordés aux individus dépendaient de leur appartenance à telle ou telle classe sociale. Par la suite, la notion de droit est définie plus concrètement pour empêcher les gouvernements d'abuser de la population. Une série de mesures législatives sont adoptées pour préciser ce concept. En 1679, avec l'adoption de l'habeas corpus par le Parlement anglais, certaines libertés individuelles sont garanties par la limitation des arrestations et des détentions arbitraires. En 1789, Louis XVI signe la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui garantit cette fois les droits et devoirs des citoyens et rompt avec la monarchie de droit divin et les privilèges conférés à la noblesse. Mais ces deux traités, comme plusieurs autres adoptés à cette époque, ne s'appliquent qu'à certaines catégories sociales. Les femmes, par exemple, en sont exclues. La véritable reconnaissance des droits de la personne s'appliquant à l'humanité entière, sans exclure quiconque, se fait en décembre 1948. C'est à ce moment là que l'Organisation des Nations unies adopte la Déclaration universelle des droits de l'homme.

    Au fil du temps, le concept des droits de la personne à évolué selon la progression des valeurs humanistes. En fait, depuis l'abolition graduelle de l'esclavage au 19e siècle et les actions concertées de la Société des Nations et de l'Organisation des Nations unies durant le 20e siècle, les droits de la personne ne dépendent plus du statut social mais bien de la dignité de la personne elle-même, au seul titre de son humanité. Bien que ce concept tire son origine dans la philosophie occidentale, ces droits représentent aujourd'hui l'aspiration fondamentale de tous les êtres humains de la planète.

    La liste des droits de la personne est de plus en plus longue. Nous pouvons mentionner, entre autres, le droit de vivre où l'on veut, le droit à la propriété privée, l'accès équitable à tous les emplois, la participation au processus démocratique, la liberté d'expression, de pratique religieuse et d'orientation sexuelle. À la base de cette philosophie, se trouve un concept d'égalité entre tous les êtres humains, quels que soient leur sexe, leur origine ethnique, leurs croyances religieuses ou leur orientation sexuelle. Ainsi, tous les individus se trouvent intégrés dans la vaste communauté humaine, malgré leurs différences.

    Le Canada est à ce jour un ardent défenseur des droits de la personne et des libertés individuelles autant sur la scène nationale que sur la scène mondiale. Il n'en a pas toujours été ainsi. Au 16e et au 17e siècles, l'autorité coloniale n'avait que rarement à légiférer en matière de droits de la personne. Ce sont surtout les Autochtones qui voient leurs droits de plus en plus menacés. À la suite de différentes alliances de guerre et de la prise de possession d'un territoire de plus en plus vaste par les Européens, les Amérindiens voient leurs droits à la propriété et à la chasse substantiellement réduits. Ils sont graduellement chassés de leurs terres. De plus, les missionnaires s'efforcent de convertir plusieurs tribus à la religion catholique et manifestent un certain dédain à l'endroit de leurs croyances. En fait, les droits fondamentaux des peuples autochtones sont violés pour permettre aux Européens d'occuper et d'exploiter le territoire. Bien que ces droits se trouvent en partie restaurés par les traités et procès subséquents, le tort est fait par les Français d'abord et, un peu plus tard, par les Anglais.

    Par ailleurs, l'égalité ne prévalait pas non plus au sein de la population d'origine européenne. Ce n'est que progressivement que l'égalité devant la loi et la fin des privilèges associés à une classe, à une ethnie, à un groupe religieux ou à un sexe, ont été obtenues. Il en a été de même pour l'octroi à chacun du statut de citoyen.